Les Amis des Bois de Buysdelle et de Verrewinkel

Et aujourd'hui ?

La régénération spontanée du hêtre
Le plan de gestion
Le hêtre dans le patrimoine mondial de l'UNESCO
Les tempêtes de février 2022
Des chasseurs dans la commune voisine de Linkebeek

La régénération spontanée du hêtre

Déjà en 2019, BE nous disait qu'il y avait deux solutions pour gérer un bois. Ou la sélection naturelle et c'est l'arbre le plus fort qui gagne. Ou bien l'homme intervient pour favoriser telle ou telle espèce, tel ou tel arbre.


Ces jeunes hêtres tentent leur chance en
poussant dans la souche d'un vieux hêtre !
Bel exemple de régénération spontanée !
La premier solution est évidemment celle qui plait le plus aux Amis des Bois de Buysdelle et de Verrewinkel ! C'est la moins traumatisante pour la flore et la faune, celle qui dégrade le moins les sols limoneux (voir la page Un peu de géologie). C'est aussi la moins traumatisante pour les humains ! Car n'oublions pas que ces petits bois sont situés près de lieux habités, à "un pas de la Grand-Place de Bruxelles" et ne peuvent être gérés comme s'il s'agissait d'une vaste forêt perdue au fin fond des Ardennes.

Avec la sélection naturelle les arbres en fin de vie conservent toujours leur code génétique et participe donc à sa variété. Quand ils meurent, ils sont d'abord sur pied puis tombent après parfois plusieurs années. Sur pied ou sur le sol, les arbres morts procurent dans ces deux cas des abris pour la faune et une ressource pour la flore et la faune. De manière naturelle et progressive. À l'inverse des abattages massifs qui traumatisent fortement le bois tous 5 à 8 ans. Auxquels, s'ajoute le débardage qui accentue les dégâts et qui prive nos bois de ressources végétales.

La seule intervention humaine devrait se limiter à la sécurisation des sentiers.

Et à leur entretien !...

 

Et c'est fin 2021, après tous les abattages de ces dernières années que l'on peut entendre maintenant (mais un peu tard, un peu TROP tard) :

« On observe le développement d'une régénération spontanée du hêtre qui va prendre succession justement de tous ces vieux hêtres et qui rentreront ainsi dans un cycle continu de la nature sans intervention de l’homme. » S. VANWIJNSBERGHE sur BX1 mercredi 17 novembre 2021, à propos de la forêt de Soignes.

« ... sans intervention de l’homme. » On croit rêver !...

 

Le plan de gestion

Dans nos boisEn 2005, BE est chargé de gérer les bois de Buysdelle et de Verrewinkel. Depuis lors il est prévu que l'ensemble des actes de gestion fera l'objet d'un plan de gestion à réaliser par l'Institut en concertation avec la commune. On notera que tout aménagement éventuel dans les bois se fera obligatoirement dans le respect de ce plan de gestion et fera l'objet d'avis de la commune ou de l'Institut.

Mais aujourd'hui, sur Internet, si on trouve effectivement un plan de gestion de Verrewinkel... c'est celui du... cimetière du même nom !

Il était prévu de borner les bois. Et c'est vrai que l'on peut trouver des bornes ici et là... mais pas toujours à la limite des bois ?... D'après certains riverains présents dans le quartier dès les années 70, des bornes ont été placées lors de l'étude de la construction de l'autoroute Uccle - Waterloo (> voir Un peu d'histoire)...

 

Le plan de gestion idéal devrait favoriser la sélection naturelle des arbres. Donc en minimisant les interventions humaines qui ne devraient concerner que la sécurisation (modérée) des sentiers officiels. On est donc à l'opposé des "coupes d'éclaircie" que BE considère comme être une "mesure d'entretien de bon père de famille ne devant pas figurer dans le plan de gestion".

Au niveau de la sécurité, le problème est celui de la responsabilité des gardes forestiers en cas d'accident survenant suite à la chute d'une branche ou d'un arbre. Il n'est pas normal que la responsabilité retombe sur une personne physique. Car du coup, par prudence, le garde forestier aura tendance à éliminer tous les arbres un peu suspects. Ce n'est pas son rôle. De même, si on devait appliquer le principe de précaution absolu, il faudrait aussi couper tous les arbres ! Ce n'est pas le but recherché par Natura 2000 !

Plusieurs mesures nous semblent donc élémentaires :
- l'examen des arbres par plusieurs gardes forestiers plutôt qu'un seul,
- fermer les bois lors des tempêtes prévues par l'IRM, ce qui est déjà parfois fait,
- prévenir le public que seuls les sentiers officiels ont été sécurisés et qu'il est officiellement interdit de les quitter.

Avant de couper à tout-va les arbres susceptibles d'être dangereux aux abords des sentiers et des maisons, ne faudrait-il pas d'abord faire une vraie expertise ? Les gardes forestiers ont-ils la compétence et le temps de faire cette expertise arbre par arbre ? Ne serait-il pas rassurant pour tout le monde de faire appel à un organisme indépendant afin de partager la responsabilité ? Ne serait-il pas utile que le gestionnaire (BE) ou que le propriétaire (Uccle pour Verrewinkel, le CPAS de Bruxelles pour Buysdelle) ne finance cette double expertise ?

 

À noter que certains riverains limitrophes de nos bois aimeraient pouvoir signer un formulaire de décharge de responsabilité pour qu'on ne sécurise pas les abords de leur propriété !

 

Le hêtre dans le patrimoine mondial de l'UNESCO

Au début des années 2000, on n'avait aucune hésitation pour condamner le hêtre et pour le remplacer par d'autres essences. Il s'agissait de « menaces sur la Hêtraie Cathédrale » car « ces géants verts aux pieds d'argiles ne pourraient survivre au changement climatique » (enracinement peu profond, vulnérables en cas de tempête).

Heureusement les mentalités changent et le 8 juillet 2017, les réserves forestières intégrales de la forêt de Soignes ont été inscrites sur la Liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO :

« Forêts primaires et anciennes de hêtres des Carpates et d’autres régions d’Europe. Ce bien transnational, composé de 94 éléments constitutifs, s'étend sur 18 pays. Depuis la fin de la dernière période glaciaire, le hêtre d'Europe s'est répandu à partir de quelques refuges isolés dans les Alpes, les Carpates, les Dinarides, la Méditerranée et les Pyrénées, en l'espace de quelques milliers d'années, un processus qui se poursuit encore aujourd'hui. Le succès de la progression du hêtre s'explique par son adaptabilité et sa tolérance à différentes conditions climatiques, géographiques et physiques. » whc.unesco.org.

 

Les tempêtes de février 2022

Parmi les tempêtes de février 2022, "Eunice" (18 février 2022) a peut-être été la pire depuis 30 ans. Elle a généré des vents jusqu'à 104,5 km/h à Uccle !...

• Dans le bois de Buysdelle, un vieux mélèze s'est brisé en deux à un mètre du sol. Dommage, il n'était pas martelé alors que son voisin semble l'être... Un grand hêtre (dans le haut du bois) et un grand chêne (bas du bois) ont tous deux perdu une grosse branche, sans gravité.

• Dans le bois de Verrewinkel, un grand hêtre s'est déraciné dans le bas du bois. Et dans le haut du bois, un gros hêtre s'est cassé à mi-hauteur, entrainant pas mal de dégâts parmi les arbres voisins subsistants aux derniers abattages... Comme quoi, la sélection naturelle fait sa propre sélection (c'est un peu un pléonasme, mais pas tellement). Donc inutile que l'homme (précisons : BE !) vienne ajouter sa propre sélection !...

Des chasseurs dans la commune voisine de Linkebeek

ChasseursLes promeneurs que l'on croise dans les bois de Buysdelle et de Verrewinkel pensent souvent qu'il s'agit d'enfants jouant avec des pétards. Il n'en est rien. Pour reprendre les choses dans l'ordre, il y a quelques années, la Région flamande a interdit l'usage dans les champs des canons effaroucheurs jugés trop bruyants. Les agriculteurs se sont alors plaints des pigeons-ramiers et des corneilles qui pillaient leurs cultures. Normal : les champs des environs sont presque toujours plantés de céréales ce qui attire ces oiseaux. Les agriculteurs ont donc fait appel aux chasseurs avec la bénédiction de la Région flamande et l'accord des propriétaires des terres agricoles.

En réalité, ces chasseurs font bien plus de bruit que les canons et ils insécurisent les chemins fréquentés par les promeneurs, les cyclistes et les cavaliers.

Les Amis des Bois de Buysdelle et de Verrewinkel rappellent la présence des faucons pèlerins (photo ci-dessous) et des buses variables qui tournoient majestueusement au-dessus des bois de Buysdelle et Verrewinkel et au-dessus des champs de Kleindal (Linkebeek). Il s'agit d'espèces protégées mais qui pourraient facilement être victimes des chasseurs...

 


 
31 juillet 2021 à 7h10 du matin en bordure des
champs de Kleindal à proximité du bois de Buysdelle.
Le photographe a eu beaucoup de
chance de pouvoir faire cette photo !...
Un tout grand merci à ce faucon
d'avoir si bien pris la pose tout en profitant
des rayons réconfortants du soleil matinal !