Les Amis des Bois de Buysdelle et de Verrewinkel

Les dégradations après les abattages

L'état lamentable des bois après les abattages
Les dégradations suite aux abattages et débardages
Le débardage avec des chevaux de trait

L'état lamentable des bois après les abattages

2007 et 2013 pour les abattages au bois de Buysdelle,
2010, 2012, 2014 et 2021 pour le bois de Verrewinkel...

 

Avant, en 2009
Quand les anémones tapissaient le sol près
de la plaine de sport (bois de Verrewinkel)...
(avril 2009)
Après, en 2014
Le même endroit, quand les ronces et de jeunes
frênes ont tout envahi après la coupe de 2012
(août 2014)

 

En 2010, l'abattage d'arbres de taille moyenne laisse dans un triste état tout le secteur nord-ouest du bois de Verrewinkel. Mais ce n'est rien comparé aux grands hêtres abattus en 2012. Tout le coteau en contrebas des maisons de l'avenue des Muses est défiguré. Ainsi qu'une partie au nord du bois. Et comme l'abattage n'avait pu se faire complètement (?) à cause des travaux du collecteur rue de Percke, une partie des arbres fut encore abattue au printemps 2014 (ces derniers n'auraient-ils pas pu être abattus lors de la prochaine coupe ?). À chaque fois le bois est défiguré, les ornières et la boue laissées par les engins de débardage saccagent le sol et les chemins, les arbres abattus traumatisent les fleurs, les oiseaux et les chauves-souris. Ainsi que les promeneurs qui s'interrogent sur le bien-fondé de cette suite d'assauts destructeurs...

 

Dans nos bois
Pour les cinéastes en mal de décor pour commémorer la première guerre mondiale ?...

 

Que ce soit dans le bois de Verrewinkel ou dans celui de Buysdelle, il reste de ces abattages des amoncèlements de branches traînant un peu partout, ou regroupés en tas à proximité des sentiers… Pour les champignons, les insectes et les oiseaux c'est bien, et c'est ainsi que BE justifie ce choix délibéré. Mais pour les promeneurs, le bois offre par endroits l'aspect d'un champ de bataille !… Ne serait-il pas possible de conserver des tas de bois dans des zones plus éloignées des sentiers ?

 

Dans nos bois
Un magnifique sous-bois en 2011 (dans le bas du bois de Verrewinkel)

 

Dans nos bois
Le même endroit, avec de magnifiques tas de bois en 2013

 

Dans nos bois
Le même endroit avec de magnifiques ronces entremêlées dans les tas de bois en 2014

 

D'après le témoignage de riverains, le bois de Verrewinkel était propre il y a 50 ans. Il paraissait en très bonne forme. On venait ramasser le bois mort pour le feu ouvert (mais c’est maintenant interdit). On y voyait souvent des écureuils qui se font rares aujourd'hui, et il y avait des chouettes, des lapins, des hérissons et des renards. Les chemins étaient entretenus naturellement par un passage régulier. Personne n'y trouvait à redire et tout le monde était content !

 

Depuis la coupe de 2013, l'état du bois de Buysdelle est lamentable. D'où qu'on soit, on voit les maisons de l'avenue Buysdelle et la ferme St-Éloi. En aucun endroit, on n'a encore l'impression d'être dans une forêt. C'est plutôt une succession de petites clairières en friche, le sol jonché de branches en pagaille. Certains sentiers se sont progressivement reformés, mais d'autres disparaissent littéralement, envahis de ronces et de cerisiers tardifs qui prolifèrent...

 

Dans nos bois
Ici, un très beau sentier vagabondait d'un mélèze à l'autre (bois de Buysdelle)...
Il disparaît aujourd'hui sous les branchages, les ronces et les cerisiers tardifs...

 

Les Amis des Bois de Buysdelle et de Verrewinkel craignent que cet aspect désordonné des bois n'incite les gens à un manque de civisme comme le déversement de déchets (ce qui se produit de plus en plus souvent ces derniers mois avec des canettes et des plastiques abandonnés ici et là) ou au risque que des irresponsables boutent le feu aux tas de bois (ce qui c’est déjà produit en 2001 ou 2002 dans le bois de Buysdelle).

 

Dans nos bois

Les dégradations suite aux abattages et débardages

Souvent les arbres abattus abiment les arbres voisins lors de leur chute. Ensuite vient le débardage des branches et des grumes avec des tracteurs. Bien que canalisé dans des couloirs définis par BE, ce débardage occasionne aussi des dégradations au sol, au niveau de la flore et aux racines des arbres.


Chemin de débardage. Ou bien il passe en dehors du chemin des piétons et aucune anémone ou jacinthe qui n'y poussera plus avant longtemps, ou il passe par le chemin normal et les piétons iront piétiner le sol un peu plus loin. Dans les deux cas, le sol limoneux sera dégradé pour plusieurs années.

 

Une sélection naturelle entre les arbres aurait l'avantage de ne pas avoir autant de "victimes collatérales". Quelques exemples des suites de l'abattage au bois de Verrewinkel en 2021 :

 

Le chemin était pourtant suffisamment large pour ne pas abimer l'écorce de cet hêtre vénérable !?

 

Un des arbres d'avenir comme le prouve le point bleu.

Les champignons risquent maintenant d'attaquer ce tronc et dans quelques mois BE jugera que cet arbre est devenu dangereux et qu'il faut l'abattre. Tous les arbres à proximité ont déjà été abattus et à la place d'un bois, on aura bientôt une clairière envahie de ronces...

C'est ça la gestion humaine des bois ?

 

Le "Bois des Naissances" du 24 mars 2018 a servi de parking aux engins de débardage. La stèle en bois qui datait l'événement a juste été reculée un peu plus loin pour faire de la place (on la devine à gauche du grand hêtre).

 

Sous ce tas de bois, il y a un Gouet d'Italie (arum italicum), une plante assez rare par chez nous...

Aujourd'hui, le tas de bois est parti. Le Gouet d'Italie aussi !...

Bien que... En réalité, cette plante a été écrasée à deux reprises sous les tas de rondins et à deux reprises elle est revenue ! Mais reviendra-t-elle chaque fois ?

 

Un bout de bois dans un bois. Quoi de plus banal...

Sauf que celui-ci était un néflier ! Vous en connaissez beaucoup, vous, des néfliers ? Pour celui-là, c'est trop tard... Il vous faudra en trouver un autre !...

Ce néflier se trouvait près du chemin qui remonte de la rue de Percke peu avant de rejoindre le chemin entre les avenues Dolez et Gui.

 

En 2019, Vivaqua a placé une conduite sous la promenade Verte pour relier l'égout de la rue des Muses au collecteur de la rue de Percke... Les lieux avaient été sécurisés. Pourquoi ne pas en faire autant lors des débardages ?

 

Selon le cahier des charges de BE (exercice 2019 pour le Cantonnement de Bruxelles *)

- art. 38.4 - Dégâts : L’exploitant est tenu de prendre toutes les précautions pour éviter d’occasionner d’éventuels dégâts aux arbres réservés, aux plantations, aux semis naturels, à la végétation, aux sols, à l’équipement, aux voiries, aux fossés.

- art. 41.1 - Précautions d’exploitation (abattage) : Toutes les précautions seront prises pour éviter d’endommager les recrûs [rejets qui se forment spontanément après l'exploitation d'une coupe de bois, NDLR], les régénérations naturelles, les plantations, les arbres réservés et les clôtures.

(*) la page https://finshop.belgium.be/fr/ventes-publiques/vente-ordinaire-des-coupes-de-bois-exercice-2019 donne accès aux documents suivants :
- https://finshop.belgium.be/sites/default/files/vente-publique/files/1/20181009/CahierDesCharges-LastenBoek-Ex2019.pdf (le cahier des charges dont nous avons fait référence)
- https://finshop.belgium.be/fr/ventes-publiques/vente-ordinaire-des-coupes-de-bois-exercice-2019 qui indique que le bois de Verrewinkel fait bien partie de cette vente 2019.

 

Malgré la présence et la surveillance d'un garde forestier sur les lieux, ce cahier des charges n'a pas été respecté dans le bois de Verrewinkel en 2021 !...

Le débardage avec des chevaux de trait

Le débardage avec des chevaux de trait n'a que des avantages. Les dégradations laissées au sol sont bien moindres qu'avec des tracteurs. C'est aussi un spectacle grandiose de voir ces animaux faire leur travail avec une telle puissance et une telle précision. Et ils font moins de bruit !

Pour BE : « Il est très difficile à l’heure actuelle de trouver des exploitants forestiers qui travaillent encore avec le cheval. De plus, les chevaux de débardage ne font pas forcément moins de dégâts que les engins motorisés. »

Les chevaux laissent pourtant des empruntes de pas discontinues avec des sabots moins larges que les pneus des tracteurs qui laissent des empruntes continues. Il est donc clair que pour un travail similaire un cheval fera moins de dégâts qu'un tracteur ! La différence sera encore plus visible si le tracteur doit faire des virages ou gravir des pentes.

 

En 2007, des chevaux de traits sont intervenus au bois de Buysdelle. Ils ont pu franchir le talus sans trop le dégrader !

 

À comparer avec le bois de Verrewinkel en 2020 et 2021 :

  

 

Pour info, il existe une société basée à Genval, "Trait pour trait" (www.traitpourtrait.be) qui pourrait travailler à Bruxelles. Ils font l'abattage et le débardage. Nous les avons appelés en mai 2021 et ils nous ont certifié qu'ils n'avaient jamais été contactés par BE !...